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Picardie-Gaspésie pour la photographie


Une coopération France-Québec, dans le cadre d'un échange artistique avec les Rencontres internationales de la photographe en Gaspésie.
Avec le soutien du Service de Coopération et d’Action Culturelle du Consulat général de France à Québec

Diaphane et les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie ont en commun une volonté de réaliser sur leurs territoires un véritable travail de fond en matière de création, sensibilisation et diffusion de la photographie.
Des résidences de création croisées permettent à des artistes québécois d'être accueilis en Picardie quand des artistes français découvrent de leu côté la Gaspésie.
Une restitution des travaux a lieu de part et d'autre, pendant les Rencontres en Gaspésie et à l'occasion du festival des Photaumnales, à Beauvais.


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Artiste en résidence en Gaspesie 2015-2016
Ambroise Tézénas (2016)
Claudia Imbert (2015)

Artistes en résidence en Picardie 2015-2016
Jessica Auer (2016)
Normand Rajotte (2016)
Benoit Aquin (2015)
Isabelle Hayeur (2015)

 

 

Ambroise Tézenas
La Vallée

Le premier jour, je photographie une maison abandonnée dans la brume, avec son toit qui s’écroule on a l’impression qu’elle s’envole. L’ambiance est lourde, le ciel bas, je cherche à comprendre un peu mieux ces paysages que je traverse, je m’arrête dans des cafés de bord de route. A Sainte-Florence, petit village de la Vallée de la Matapédia un couple sans histoires a été retrouvé mort, assassiné par leur petit-fils il y a quelques années. Dans les villages, les écoles sont menacées de fermeture, quand ce n’est pas déjà fait, et luttent pour survivre malgré la désertification inexorable. Je ressens le besoin de me raconter des histoires. Je ne profiterai pas de cette frontière entre la terre et le Golfe du Saint-Laurent qui offre au voyageur tous les éléments du parfait road trip... Lire la suite 


Normand Rajotte
Aimer la nature

" Depuis plusieurs années, j’explore un territoire forestier de quelques kilomètres carrés situé au sud-est du Québec. Observant l’avancée de la végétation et les traces de l’activité animale, je photographie l’incessante métamorphose de  « ma » forêt.  Au fil du temps, je m’y suis enraciné. Dans cet esprit, ma résidence en Picardie, vu sa brièveté et la nouveauté des lieux, s’est présentée à moi comme un défi. Pour le relever, j’ai concentré mon action et m’en suis tenu à deux secteurs situés à quelques kilomètres de la ville de Clermont, où j’habitais... Lire la suite
AUER 01 BD


Jessica Auer
Seeing the forest for the trees

"Je suis partie de la collection d’oeuvres d’art historiques du MUDOMusée de l’Oise. Ces oeuvres, pour la plupart créées par des peintres de la région, ont été mon introduction aux paysages de la Picardie. J’ai découvert dans cette collection les travaux de peintres paysagistes et j’ai été particulièrement attentive à la manière dont ils perçoivent les lieux et traduisent leurs observations dans une oeuvre d’art – leur attention aux détails, leur style personnel et la façon dont ils restituent la lumière. Inspirée par deux oeuvres particulières, l’une de Paul Huet (La Forêt de Compiègne) et l’autre de Claude Sébastien Hugard (Le Trou fondu), j’ai commencé une exploration photographique de la forêt de Compiègne, l’une des grandes forêts de la région. Cette forêt est non seulement un site naturel d’intérêt, mais elle revêt également une grande importance historique avec une occupation remontant à l’époque romaine... Lire la suite


 

HAYEUR 01 BD


Isabelle Hayeur
République
"Arrivée en France depuis peu, je suis à Paris dans le Xème arrondissement lorsque que les événements du vendredi 13 novembre 2015 éclatent. La population est pétrifiée, paralysée. Ce ne sont pas les premiers attentats qu’elle subit, mais cette fois, c’est la nation qui se sent attaquée. Les réactions sont épidermiques, le patriotisme est exacerbé… En mission photographique à Beauvais, je m’intéresse aux contrecoups de ces attentats. J’observe les réactions, j’écoute les conversations, je photographie ce que je vois, souvent à la dérobée. Le territoire est maintenant sous haute surveillance, on renforce la sécurité, on fouille les sacs, fait ouvrir les blousons, contrôle les cartes d’identité, réprime la dissidence, intensifie les frappes sur la Syrie... La France a peur, peur de l’autre qui la traque, mais qui est cet autre au juste ? Lire la suite  

 

 


Claudia Imbert
Petite-Vallée


"Suite à une invitation en résidence sur le territoire de la Gaspésie, je me dirige vers la côte Nord de la péninsule. « Plus sauvage » me dit-on. « Tu vas y rencontrer de sacrés personnages ! ». Je n’ai pas photographié les personnages en question mais ils ont été les passeurs. Ils m’ont accueillie avec le coeur et présentée à la communauté. Je me suis donc posée à Petite-Vallée. Mais comment raconter ce lieu à la fois puissant et déroutant ? Je cherchais le centre-ville et ne le trouvais pas. Je cherchais des passants, ils ne semblaient jamais quitter leur voiture. Et chaque jour, je me trouvais confrontée à une météo différente : brouillard, soleil, vent, pluie, gris, soleil, froid, très froid, chaud, bleu, tempête. Je collectionnais alors les portraits de maisons, comme une petite fille qui répète le même dessin pour le parfaire. Puis les séances de portraits m’ont permis d’aller plus loin. Ces moments d’équilibre où l’on se cherche, photographe et personne photographiée, quelle que soit la scène. Lire la suite 

 

AQUIN BD 01

Benoit Aquin
Rural 

"Intéressé par la réalité du monde agricole, j'ai récemment commencé à visiter des fermes en proximité de Montréal afin de les photographier. Non seulement ai-je trouvé un sujet qui poursuit les préoccupations écologiques qui guident mon travail depuis de nombreuses années, mais il m'a semblé que ces fermes constituaient un cadre adéquat pour radicaliser ma pratique photographique.

J’ai récemment été invité pour participer à une résidence en Picardie avec Diaphane. Je crois que l’exploration de ce territoire français et des pratiques agricoles qui y sont liées ajouteront un pivot important à la démarche que j’ai entamée.

Pour bien comprendre le projet proposé, il faut savoir qu'à propos des perspectives offertes par le monde agricole à l'horizon de 2050, les agronomes Mazoyer et Roudart considèrent que nourrir une population mondiale estimée à 9 milliards d'humains supposera une intensification drastique de l'agriculture sur l'ensemble de la planète. Quelques errances dans les campagnes québécoises suffisent à témoigner que cette intensification est déjà effective. Là où la force de l'homme a été supplantée par une machinerie agricole de jour en jour plus sophistiquée, il n'existe plus de différences réellement significatives entre la production du vivant et l'industrie de l'armement. Là où la spécialisation du travail agraire désagrège des tissus communautaires immémoriaux, la quête spirituelle devient une bouée de survie... Lire la suite