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Caroline Bach
Espace-Machine
Du 24 avril au 4 juin 2017 I Parc de la Brèche I Villers-Saint-Paul

 

UsiamgesBach« J'ai toujours été attirée par les usines et les machines : le monde industriel est riche parce qu'il porte les grandes questions socio-économiques de notre temps en étant très visuel.
Dans ma façon de construire mes séries, il y a toujours des temps de recherche, de rencontres et de dialogues. 

Mes images arrivent donc dans un second temps. Ainsi ai-je rencontré, en octobre 2008, Gilles Le Blanc (1969-2013), économiste français, spécialiste de l’industrie qui écrivait ceci : « Enfin, et de façon cruciale quant aux représentations, l'industrie incarne, figure, structure un espace socio-politique : c'est le terrain de la lutte de classes, de l'affrontement patrons/salariés, des grèves et des grandes revendications sociales, et l'origine des syndicats. C'est également un terrain d'affrontement idéologique autour des privatisations / nationalisations et des débats plus récents sur la fourniture des services publics, ou encore l'externalisation, l'intérim et les aides publiques. L'industrie est enfin un interlocuteur historique majeur dans les dynamiques de croissance nationales, de développement, à la fois à l'échelle des individus, de la ville ou encore de la région »*.
L’industrie porte parfaitement cette bivalence qui travaille l’économie en général, et le travail en particulier. Elle représente, d’un côté, les grands combats collectifs, la solidarité, le travail en équipe et une forme de prospérité. Et de l’autre, elle porte la souffrance physique, le travail à la chaîne, répétitif et monotone, la fermeture des usines, le chômage et la désagrégation de territoires. D’un côté donc, des séries comme « Regards sur Souriau. Compositions industrielles » (2006-2007) où les images composées à la chambre photographique montrent de belles machines et des techniciens occupés sur leur poste de travail. 
De l’autre par exemple, les différentes séries (2008, 2015 et 2016) sur la cité  ouvrière de Bataville, construite autour de l’usine Bata, fermée en décembre 2001 et qui est en pleine interrogation.
C’est finalement la question de l’espace ou plutôt, celle de « l’homme spatial », pour reprendre le géographe français Michel Lussault, qui se trouve au cœur de ces séries sur l’industrie ; et plus particulièrement, la question de « l’espace personnel » avec les images prises dans différents sites de l’entreprise française Souriau. Le corps des opérateurs est à la fois agissant, avec les machines à came par exemple, et subissant, lorsqu’il est comme encastré dans son poste de travail et qu’il enchaîne les temps d’activité (rôle des temps masqués) : il s’agit de faire accomplir une autre activité à l’opérateur pendant que sa machine est en production ».

*Extrait de l’ouvrage de Gilles Le Blanc « L’industrie en France : état des lieux, débats, définition d’une politique industrielle ».

Caroline Bach est née en 1968, elle vit et travaille à Nice.
Diplômée de l’Ecole nationale supérieure de la photographie d’Arles, elle prépare une thèse de doctorat en histoire de l’art sur le thème « Quand l’art contemporain s’intéresse à l’économie : espaces de travail et formes économiques en question ».